Indivision et LMNP : quotes-parts, déclarations fiscales, gestion collective et LMG
L'indivision est la situation juridique dans laquelle un bien immobilier appartient simultanément à plusieurs personnes — les indivisaires — chacune détenant une quote-part du bien sans qu'il soit physiquement divisé. En LMNP, l'indivision est fréquente : elle naît de l'acquisition à deux, d'un héritage, ou d'une séparation. Elle impose une gestion collective du bien et des règles fiscales propres à chaque indivisaire — souvent mal comprises, sources d'erreurs déclaratives et de tensions entre co-propriétaires.
L'indivision en LMNP naît de quatre situations principales :
Les enjeux fiscaux spécifiques à chaque indivisaire en LMNP :
| Point | Règle en indivision LMNP | Piège fréquent |
|---|---|---|
| Déclaration des recettes | Quote-part de chaque indivisaire | Un seul indivisaire déclare tout — erreur de rattachement fiscal |
| Régime fiscal (micro/réel) | Chaque indivisaire choisit son propre régime | L'un est au micro-BIC, l'autre au réel — gestion complexe des amortissements |
| Amortissements | Chaque indivisaire amortit sa quote-part | Amortissement calculé sur 100 % par un seul indivisaire |
| Déficits BIC | Reportables pour chaque indivisaire séparément | Report de déficit de l'autre indivisaire sans base légale |
| Choix du gestionnaire | Décision à la majorité des 2/3 des quotes-parts | Un indivisaire prend des décisions seul — actes inopposables aux autres |
| Convention d'indivision | Recommandée — organise la gestion collective | Absence de convention — désaccords non encadrés juridiquement |
Les risques d'une indivision LMNP mal gérée :
Avant de commencer : vérifiez les quotes-parts de chaque indivisaire dans l'acte notarié ou l'acte de succession. Ce sont ces proportions — et aucune autre — qui servent de base à la ventilation des recettes et charges dans LMG. Si elles ne sont pas claires, consultez un notaire avant de saisir quoi que ce soit.
⚠ En cas d'héritage sans acte de partage : les quotes-parts des héritiers dépendent des règles successorales légales ou testamentaires. Elles peuvent être complexes (plusieurs héritiers avec des droits différents, legs particuliers…). Un acte notarié précisant les quotes-parts est fortement recommandé avant de commencer à exploiter le bien en LMNP.
Le report de déficit est individuel. Si l'indivisaire A a un déficit reportable de 3 000 € et l'indivisaire B un bénéfice imposable, chacun gère son propre résultat fiscal. L'indivisaire A ne peut pas utiliser le déficit de B, et inversement. Les situations fiscales de deux indivisaires peuvent être très différentes même pour le même bien.
Si les recettes globales dépassent 77 700 € (seuil micro-BIC meublé), tous les indivisaires sont obligatoirement au régime réel — même si la quote-part individuelle de chacun reste en dessous du seuil. C'est le total des recettes du bien qui détermine l'éligibilité au micro-BIC, pas la fraction de chaque indivisaire.
La convention d'indivision (acte notarié ou sous seing privé) permet d'organiser la gestion au-delà de ces règles légales : désigner un gérant, prévoir des règles de majorité spécifiques, encadrer le droit de sortie d'un indivisaire. Elle est valable au maximum 5 ans renouvelables. Sa mise en place préventive évite la plupart des blocages opérationnels.
✓ Résultat attendu : les quotes-parts sont saisies dans LMG et correspondent exactement à l'acte notarié, chaque indivisaire reçoit sa ventilation de recettes, charges et amortissements pour alimenter sa propre liasse fiscale, les décisions de gestion sont prises selon les règles de majorité appropriées, et tout changement de quotes-parts est mis à jour immédiatement avec sa pièce justificative.